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Barème kilométrique 2026 : frais réels et impôt, le mode d’emploi

· Julien Juchereau

Barème kilométrique 2026 : frais réels et impôt, le mode d'emploi

Le barème kilométrique transforme vos kilomètres professionnels en euros déductibles de votre revenu imposable. Pour 2026, il n’a pas été revalorisé, mais il reste souvent plus avantageux que la déduction automatique de 10 % dès que vous roulez beaucoup. Voici comment arbitrer entre les deux, ce que le barème couvre, et les limites à ne pas franchir.

L’essentiel

  • Le barème appliqué dans la déclaration déposée en 2026 porte sur les revenus et les kilomètres de l’année 2025, pas sur ceux de 2026.
  • Il n’est pas revalorisé : les montants sont identiques à ceux de 2025, la dernière hausse remontant à 2023 (+ 5,4 %).
  • Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de 20 %. Les hybrides rechargeables n’y ont pas droit.
  • La déduction de 10 % est automatique, avec un minimum de 509 € et un plafond de 14 555 € par personne pour les revenus 2025 : les frais réels ne deviennent intéressants qu’au-delà.

Le barème kilométrique est une grille officielle qui convertit les kilomètres parcourus pour les besoins du travail en un montant de frais déductibles. Il s’adresse aux salariés qui renoncent à la déduction automatique de 10 % pour déclarer leurs frais professionnels pour leur montant réel. Les valeurs applicables figurent à l’article 6 B de l’annexe IV au Code général des impôts, dont les tableaux ont été fixés par l’arrêté du 27 mars 2023, publié au Journal officiel du 7 avril 2023.

2026 ou 2025 : l’année qui compte n’est pas celle que vous croyez

C’est la première source de confusion. Le « barème kilométrique 2026 » est celui utilisé dans la déclaration remplie en 2026. Or cette déclaration porte sur les revenus perçus en 2025. Les kilomètres à retenir sont ceux parcourus entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025, avec le véhicule utilisé à ce moment-là et sa puissance fiscale de l’époque. Si vous avez changé de voiture en cours d’année, raisonnez période par période.

Autre repère : le barème n’a pas bougé. Le site officiel Service-Public indique que les montants retenus pour 2026 sont identiques à ceux de 2025, la dernière revalorisation datant de 2023 et s’élevant à 5,4 %. Aucun texte n’impose à l’administration de l’indexer chaque année. Ce gel pénalise surtout les conducteurs dont l’assurance ou l’entretien ont augmenté.

Le barème 2026, tranche par tranche

Pour une voiture, le montant dépend de la puissance fiscale en chevaux (CV), plafonnée à 7 CV même si votre véhicule est plus puissant, et de la distance annuelle notée « d ». Les formules publiées par Service-Public sont les suivantes. Jusqu’à 5 000 km : 3 CV et moins, d × 0,529 ; 4 CV, d × 0,606 ; 5 CV, d × 0,636 ; 6 CV, d × 0,665 ; 7 CV et plus, d × 0,697. De 5 001 à 20 000 km, dans le même ordre : (d × 0,316) + 1 065 ; (d × 0,340) + 1 330 ; (d × 0,357) + 1 395 ; (d × 0,374) + 1 457 ; (d × 0,394) + 1 515. Au-delà de 20 000 km : d × 0,370 ; d × 0,407 ; d × 0,427 ; d × 0,447 ; d × 0,470.

Un exemple. Avec une 5 CV et 13 200 km professionnels dans l’année, vous êtes dans la tranche intermédiaire : (13 200 × 0,357) + 1 395, soit 6 107 € déductibles. Si le véhicule est 100 % électrique, la majoration de 20 % porte le montant à environ 7 329 €. Cette majoration est acquise depuis l’imposition des revenus 2020 selon la documentation fiscale officielle (BOFiP), et ne concerne que les véhicules entièrement électriques. Un simulateur officiel sur impots.gouv.fr permet de vérifier votre résultat.

10 % ou frais réels : où se situe votre point d’équilibre

La déduction forfaitaire de 10 % s’applique sans démarche. Pour les revenus 2025, elle ne peut être inférieure à 509 € ni dépasser 14 555 € par membre du foyer, d’après Service-Public. Le point d’équilibre est mécanique : comparez vos frais réels justifiés à 10 % de votre salaire net imposable. Avec 30 000 € de salaire net imposable, l’abattement vaut 3 000 € ; les frais réels ne deviennent intéressants qu’au-dessus.

Trois règles encadrent ce choix. L’option est individuelle : chaque membre du foyer décide pour lui-même, l’un peut rester au forfait pendant que l’autre passe au réel. Elle est globale : vous renoncez alors au forfait pour l’ensemble de vos frais professionnels de l’année, sans panachage. Elle est annuelle : vous pouvez changer l’année suivante. Enfin, l’administration prévient sur impots.gouv.fr que le passage aux frais réels oblige à réintégrer dans le salaire imposable les allocations et remboursements de frais versés par l’employeur. Un total supérieur à 10 % ne garantit pas, à lui seul, un gain final.

Ce que le barème couvre déjà, et ce que vous pouvez ajouter

Le barème est forfaitaire : il englobe une liste précise de dépenses que vous ne pouvez pas déduire une seconde fois. Selon la documentation fiscale officielle, il couvre la dépréciation du véhicule, les frais de réparation et d’entretien, les dépenses de pneumatiques, la consommation de carburant et les primes d’assurance. Ajouter ses tickets de carburant par-dessus le barème revient à déduire deux fois la même chose.

Trois postes peuvent en revanche s’ajouter au montant issu du barème : les frais de stationnement, les péages d’autoroute, et les intérêts d’emprunt contractés pour l’acquisition du véhicule, retenus au prorata de son usage professionnel. Ces frais doivent être réels, payés en 2025 et justifiés. La déclaration se fait dans les cases 1AK à 1DK, sans retirer les frais du salaire déclaré, avec une note détaillant leur nature et leur montant.

Les 40 km : la limite qui coûte le plus cher aux oublis

Pour le trajet domicile-travail, la distance normalement admise s’arrête à 40 kilomètres. En deçà, vos frais sont déductibles de plein droit, sans justifier l’éloignement. Au-delà, la déduction est limitée aux 40 premiers kilomètres, sauf circonstances particulières justifiées. Le nombre de trajets compte aussi : la règle n’admet qu’un seul aller-retour par jour, sauf circonstances particulières, comme des problèmes de santé ou une présence nécessaire auprès d’un proche dépendant.

Les motifs de dépassement admis relèvent de deux familles. Côté professionnel : difficulté à trouver un emploi à proximité, précarité de l’emploi, mutation géographique. Côté personnel : activité du conjoint dans une autre zone, état de santé justifié par certificat médical, scolarisation spécialisée d’un enfant, écart important des coûts immobiliers. La convenance personnelle n’est pas un motif recevable. Si vous dépassez les 40 km, joignez une note explicative : sans elle, la déduction est ramenée au plafond.

Covoiturage, véhicule qui n’est pas le vôtre, deux-roues

Le covoiturage ne vous prive pas de la déduction, mais il en réduit l’assiette : les sommes perçues de vos passagers viennent en diminution des frais déductibles, seul le montant net restant à votre charge étant retenu. Vous n’êtes pas propriétaire du véhicule ? Le barème reste utilisable si vous prenez effectivement en charge les dépenses qu’il couvre, en justifiant la part du kilométrage professionnel dans le kilométrage total.

Les deux-roues disposent de barèmes distincts, plafonnés à 5 CV. Pour les motocyclettes (plus de 50 cm³), jusqu’à 3 000 km : d × 0,395 (1 à 2 CV), d × 0,468 (3 à 5 CV), d × 0,606 (plus de 5 CV). De 3 001 à 6 000 km : (d × 0,099) + 891, (d × 0,082) + 1 158, (d × 0,079) + 1 583. Au-delà : d × 0,248, d × 0,275, d × 0,343. Pour les cyclomoteurs de 50 cm³ ou moins : d × 0,315 jusqu’à 3 000 km, puis (d × 0,079) + 711, puis d × 0,198 au-delà de 6 000 km. La majoration électrique de 20 % s’applique aussi aux deux-roues.

Justificatifs, erreurs classiques et ce qu’il reste possible de faire

Vous n’avez rien à joindre au moment de déclarer, hormis la note détaillant vos frais, mais vous devez pouvoir tout produire ensuite. Les justificatifs sont à conserver trois ans : relevés de kilométrage, agenda de déplacements, factures d’entretien, carte grise, péages. Il faut pouvoir justifier la réalité et le nombre de kilomètres parcourus, ainsi que l’usage professionnel du véhicule. Un chiffre rond non documenté est le premier signal d’alerte.

Les erreurs qui exposent le plus à une demande de justification sont connues : oublier de réintégrer les remboursements de l’employeur, déduire au-delà de 40 km sans note explicative, compter plusieurs allers-retours quotidiens, retenir une puissance fiscale supérieure à 7 CV, appliquer la majoration de 20 % à un hybride rechargeable, ou cumuler le barème avec les factures de carburant. Si vous avez déjà déposé votre déclaration 2026 et découvrez que les frais réels étaient plus favorables, le service de correction en ligne rouvre de début août à début décembre sur impots.gouv.fr. Une réclamation reste ensuite possible jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement. Ces règles sont générales et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé : vérifiez votre situation avec le simulateur officiel ou auprès de votre service des impôts.

Vos questions, nos réponses

Le barème kilométrique 2026 s’applique à quels kilomètres ?

À ceux parcourus en 2025. La déclaration déposée en 2026 porte sur les revenus et les frais de l’année 2025. Vos kilomètres de 2026 seront à déclarer au printemps 2027, avec le barème publié à ce moment-là.

Frais réels ou 10 % : comment savoir lequel est le plus avantageux ?

Comparez vos frais justifiés à 10 % de votre salaire net imposable, sachant que la déduction automatique ne peut être inférieure à 509 € ni supérieure à 14 555 € par personne pour les revenus 2025. Retirez du gain espéré les remboursements de frais de votre employeur, que vous devrez réintégrer.

J’habite à 60 km de mon travail : puis-je tout déduire ?

Pas automatiquement. La déduction est en principe limitée aux 40 premiers kilomètres. Vous pouvez retenir la distance complète si vous justifiez l’éloignement par des circonstances particulières, professionnelles ou familiales, en joignant une note explicative à votre déclaration. La simple convenance personnelle n’est pas un motif admis.

Julien Juchereau

Écrit par

Julien Juchereau

Rédacteur web d'actualité, Julien Juchereau suit l'actualité de la consommation et décrypte les sujets qui pèsent sur le budget des ménages : énergie, banque, télécoms, logement, santé et droits des consommateurs. Il s'appuie sur les textes de loi et les sources officielles, et vérifie les démarches avant de les expliquer.

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