Assurance auto
Résilier son assurance auto en cours d’année : la marche à suivre
· Julien Juchereau
Votre cotisation auto a encore augmenté à l’échéance ? Passé la première année, vous pouvez changer d’assureur quand vous le voulez, sans frais et sans vous justifier. Voici la procédure exacte, le calendrier pour ne jamais rouler sans couverture, et ce qu’il faut vérifier avant de signer ailleurs.
L’essentiel
- Après un an de contrat, la résiliation est possible à tout moment, sans frais ni pénalités : article L113-15-2 du code des assurances.
- Elle prend effet un mois après réception de la notification. C’est le nouvel assureur qui accomplit la démarche et doit assurer la continuité de la couverture.
- L’ancien assureur rembourse la part de cotisation postérieure à la résiliation dans les trente jours. À défaut, les sommes dues produisent intérêts au taux légal.
- Le relevé d’information récapitule vos sinistres des cinq dernières années et votre coefficient de bonus-malus. Il vous suit chez le nouvel assureur.
La résiliation dite « loi Hamon », c’est le droit de mettre fin à un contrat d’assurance à tacite reconduction à tout moment une fois passée la première année, sans frais, sans pénalités et sans motif à fournir. Mais l’automobile obéit à des règles propres : l’assurance y est obligatoire, votre historique de conduite est tracé dans un document officiel, et la preuve de votre couverture ne repose plus sur un papier collé au pare-brise.
Ce que le code des assurances vous autorise, à la lettre
L’article L113-15-2 du code des assurances est clair : pour les contrats couvrant des personnes physiques hors activité professionnelle, l’assuré peut, après l’expiration d’un délai d’un an à compter de la première souscription, résilier sans frais ni pénalités les contrats tacitement reconductibles. Aucune justification n’est exigée, et le décret du 29 décembre 2014 qui l’applique vise expressément les contrats comportant une garantie de responsabilité civile automobile. Le droit s’ouvre au bout d’un an de contrat, pas au bout d’un an chez votre assureur toutes polices confondues.
La résiliation prend effet un mois après que l’assureur en a reçu notification. Vous ne payez alors que la partie de cotisation correspondant à la période couverte, et l’ancien assureur doit vous rembourser le solde dans les trente jours à compter de la date de résiliation ; passé ce délai, les sommes dues produisent de plein droit intérêts au taux légal. Il doit aussi vous adresser un avis de résiliation indiquant la date de prise d’effet.
C’est votre nouvel assureur qui résilie à votre place
Parce que la garantie est obligatoire, la loi ne vous laisse pas gérer seul la bascule : le nouvel assureur effectue pour votre compte les formalités nécessaires à l’exercice du droit de résiliation et s’assure de la permanence de votre couverture pendant la procédure. Vous signez chez lui, vous lui donnez le nom de votre assureur actuel et la référence du contrat : il envoie la demande. Le site officiel Service-Public est sans ambiguïté : n’envoyez pas vous-même la lettre de résiliation.
Cette notification obéit à un formalisme précis, fixé par l’article R113-12 du code des assurances : elle est adressée par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique et mentionne la référence du contrat, le nom et l’adresse du souscripteur, ainsi que le nom du nouvel assureur. Conservez-en une copie : en cas de litige, c’est elle qui établira la date d’envoi.
Le calendrier pour n’avoir aucun jour sans assurance
Tout véhicule terrestre à moteur destiné à circuler sur la voie publique doit être assuré, y compris stationné ou inutilisé. Un seul jour de trou dans la couverture n’est donc pas anodin : mettre en circulation un véhicule non assuré est un délit puni de 3 750 € d’amende, avec des peines complémentaires possibles comme la suspension du permis ou la confiscation du véhicule. Au premier contrôle, si l’infraction est constatée par voie électronique, l’amende forfaitaire est de 500 €.
La règle de sécurité tient en une phrase : le nouveau contrat ne doit pas prendre effet avant la prise d’effet de la résiliation de l’ancien. Comptez un mois entre la notification et la bascule, et fixez la date d’effet du nouveau contrat au jour où l’ancien s’éteint. Depuis le 1er avril 2024, la carte verte et la vignette ont disparu : la preuve de l’assurance passe par le fichier des véhicules assurés. Votre assureur vous remet un mémo véhicule assuré, qui vaut présomption d’assurance pendant les quinze jours suivant la prise d’effet du contrat.
Relevé d’information et bonus-malus : votre passé vous suit
Changer d’assureur ne remet pas les compteurs à zéro. Le relevé d’information résume votre profil : conducteurs désignés au contrat, permis, sinistres des cinq périodes annuelles précédentes, coefficient de réduction-majoration. L’assureur doit le délivrer lors de la résiliation du contrat par l’une des parties, et dans les quinze jours à compter d’une demande expresse. C’est sur cette base que le nouvel assureur vous tarifera : inutile d’espérer effacer un malus en changeant d’enseigne.
Le bonus-malus est fixé par l’annexe à l’article A121-1 du code des assurances. Le coefficient d’origine est de 1. Chaque année sans sinistre, il baisse de 5 %, sans pouvoir descendre sous 0,50. Un sinistre survenu pendant la période annuelle majore le coefficient de 25 %, majoration réduite de moitié lorsque la responsabilité du conducteur n’est que partiellement engagée. Le coefficient acquis au titre du véhicule désigné au contrat est automatiquement transféré si vous changez de voiture, à condition que le ou les conducteurs habituels restent les mêmes.
Au-delà du prix : ce qu’il faut vraiment comparer
L’écart de tarif est réel : selon une étude du comparateur Lecomparateurassurance.com menée en janvier 2026 et relayée par MoneyVox, la cotisation annuelle moyenne en tous risques pour une citadine s’établissait à 621 € pour un conducteur au bonus maximal, contre 2 164 € pour un jeune conducteur. Mais un devis moins cher n’est pas un meilleur contrat. La première variable à regarder est la franchise, qui reste à votre charge après indemnisation : plus elle est élevée, plus la cotisation baisse et plus la facture grimpe le jour du sinistre.
Passez ensuite en revue les garanties facultatives : vol, incendie, bris de glace, dommages tous accidents, garantie du conducteur, assistance. Vérifiez ce que couvre le bris de glace (pare-brise seul ou aussi vitres latérales, lunette arrière, toit), les plafonds d’indemnisation, la base de calcul en cas de vol (valeur au jour du sinistre ou valeur contractuelle), l’existence d’un véhicule de remplacement et sa durée, et à partir de quelle distance du domicile l’assistance se déclenche. Lisez enfin les exclusions : conduite sans permis valable, faute intentionnelle, substances interdites ou délit de fuite privent de garantie.
Vente, destruction, résiliation par l’assureur : les autres cas
Vous n’avez pas toujours à attendre un an. En cas de vente du véhicule, le contrat est suspendu de plein droit le lendemain à zéro heure du jour de la cession, et peut être résilié par l’une ou l’autre des parties moyennant un préavis de dix jours. À défaut, il prend fin de plein droit six mois après la vente. Informez l’assureur de la date de cession par écrit. Si le véhicule est détruit par un événement non couvert, l’assurance prend fin de plein droit et l’assureur rembourse la portion de prime payée d’avance.
À l’inverse, l’assureur peut vous résilier. Service-Public rappelle qu’il peut le faire à l’échéance annuelle avec un préavis de deux mois, pour non-paiement après mise en demeure, pour fausse déclaration, ou après certains sinistres liés à l’alcool, aux stupéfiants ou à des infractions graves ayant entraîné suspension ou annulation du permis. Si vous ne trouvez plus d’assureur, le Bureau central de tarification peut être saisi dans les quinze jours suivant le refus : il fixe la prime que l’assureur choisi devra appliquer, mais pour la seule responsabilité civile, jamais pour le vol ou le bris de glace.
Les erreurs qui coûtent cher
Le vrai risque, en changeant de contrat, n’est pas administratif : il est déclaratif. Trois inexactitudes reviennent sans cesse. Déclarer un usage « privé » alors que la voiture sert à des trajets professionnels quotidiens. Omettre le conducteur secondaire qui utilise régulièrement le véhicule, conjoint ou enfant, pour éviter la surprime. Sous-estimer le kilométrage annuel pour décrocher une formule au kilomètre. Ces déclarations servent à calculer la cotisation : les fausser revient à acheter une garantie moins chère que celle dont vous avez besoin.
La sanction figure au code des assurances. Si la mauvaise foi est établie, l’article L113-8 prononce la nullité du contrat : vous êtes considéré comme n’ayant jamais été assuré. Si l’omission est de bonne foi, l’article L113-9 s’applique : avant tout sinistre, l’assureur peut majorer la prime ou résilier dix jours après notification ; après un sinistre, l’indemnité est réduite en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues. L’économie faite à la souscription se paie donc au moment de l’indemnisation. En cas de désaccord, la Médiation de l’Assurance peut être saisie gratuitement, deux mois après une réclamation écrite restée sans solution.
Vos questions, nos réponses
Puis-je résilier mon assurance auto avant un an de contrat ?
Pas au titre de la résiliation à tout moment, qui ne s’ouvre qu’après un an à compter de la première souscription. Certains événements permettent toutefois de sortir plus tôt : vente du véhicule, destruction par un événement non couvert, changement de situation modifiant le risque. Chaque cas a ses propres délais et suppose de prévenir l’assureur par écrit, pièce justificative à l’appui.
Combien de temps faut-il pour être remboursé de la cotisation déjà payée ?
L’assureur doit rembourser dans les trente jours à compter de la date de résiliation le solde correspondant à la période non couverte. Si le remboursement n’intervient pas dans ce délai, les sommes dues produisent de plein droit intérêts au taux légal. Conservez l’avis de résiliation.
Mon assureur m’a résilié après un sinistre : puis-je encore m’assurer ?
Oui, mais l’exercice se complique et les tarifs montent. Demandez d’abord votre relevé d’information, que l’assureur doit délivrer lors de la résiliation. Si les compagnies sollicitées refusent, vous pouvez saisir le Bureau central de tarification dans les quinze jours suivant le refus : il fixera la prime de la garantie de responsabilité civile, que l’assureur désigné devra appliquer.