Arnaques & alertes
Chèque énergie 2026 : reçu d’office ou à réclamer avant le 31 décembre
· Julien Juchereau
La campagne 2026 du chèque énergie s’est jouée au printemps, en deux vagues, sans que les bénéficiaires aient un seul formulaire à remplir. Revers de la médaille : le repérage automatique, désormais fondé sur le compteur électrique du logement, rate une partie des foyers qui y ont droit. Pour eux, il reste un guichet, en ligne ou par courrier, et une date butoir : le 31 décembre 2026.
L’essentiel
- 4,5 millions de foyers ont reçu le chèque automatiquement : 3,8 millions entre le 1er et le 20 avril 2026, environ 700 000 de plus à partir du 1er mai.
- Montant : de 48 € à 277 € selon le revenu et la composition du foyer, 153 € en moyenne.
- Conditions : revenu fiscal de référence 2024 inférieur à 11 000 € par unité de consommation, et un contrat d’électricité au nom d’un membre du foyer fiscal.
- Pas reçu ? Demande sur chequeenergie.gouv.fr ou par courrier à l’ASP, jusqu’au 31 décembre 2026.
- Validité : 31 mars 2027 pour un chèque émis avant le 1er septembre 2026, 31 mars 2028 pour un chèque émis après.
4,5 millions de foyers servis d’office, grâce au numéro de leur compteur
Entre le 1er et le 20 avril 2026, selon un calendrier étalé département par département, 3,8 millions de foyers ont trouvé leur chèque dans la boîte aux lettres ou sur leur compte en ligne. Une seconde vague, issue d’un croisement complémentaire des données fiscales, a servi près de 700 000 foyers supplémentaires à partir du 1er mai. Au total, 4,5 millions de ménages ont été payés sans rien demander, pour un montant moyen de 153 €.
La mécanique a changé. Depuis la disparition de la taxe d’habitation, qui servait autrefois à identifier les ayants droit, l’administration procède autrement : le décret du 31 juillet 2025 organise le croisement entre les revenus du foyer fiscal, transmis par l’administration fiscale, et le numéro de point de livraison d’électricité du logement, le fameux PDL, transmis par les gestionnaires de réseau et les fournisseurs. Quand les deux fichiers s’apparient, l’Agence de services et de paiement (ASP) émet le chèque toute seule.
Le croisement de fichiers laisse de vrais éligibles au bord de la route
Quand l’appariement échoue, le chèque ne part pas, même si le foyer coche toutes les cases. Les situations à risque sont connues : contrat d’électricité resté au nom d’un tiers (un propriétaire, un ex-conjoint, un colocataire extérieur au foyer fiscal), emménagement récent, première déclaration de revenus, ou déclaration déposée hors délai.
Les foyers repérés comme potentiellement éligibles mais non appariés ont reçu en avril un courrier les invitant à faire la démarche. Un courrier qui peut se perdre, ou finir à la corbeille avec les publicités. Le chèque énergie rejoint alors la longue liste des aides sociales non réclamées faute d’information.
Le critère, lui, n’a pas bougé : un revenu fiscal de référence 2024 inférieur à 11 000 € par unité de consommation. Le premier déclarant compte pour 1 UC, la deuxième personne pour 0,5, chaque personne supplémentaire pour 0,3 (valeurs divisées par deux pour un enfant mineur en résidence alternée). Un seul chèque est attribué par logement.
Trois pièces et un formulaire : la demande se boucle avant le 31 décembre
Le guichet est ouvert depuis le 1er avril 2026 et ferme le 31 décembre 2026. En ligne, tout passe par chequeenergie.gouv.fr, qui héberge aussi un simulateur d’éligibilité. Par courrier, un formulaire dédié s’envoie à l’Agence de services et de paiement.
Le dossier tient en trois pièces : une copie d’un justificatif d’identité, votre avis d’imposition sur les revenus 2024, et une attestation de contrat d’électricité de moins de trois mois mentionnant le numéro de point de livraison, l’identifiant à 14 chiffres qui figure sur toutes vos factures d’électricité. Une fois le dossier complet déposé, l’ASP a deux mois pour répondre.
Un conseil de calendrier : ne visez pas décembre. Un dossier déposé à la rentrée laisse le temps de recevoir le chèque et de l’utiliser sur les factures de chauffage de l’hiver, au moment où le tarif réglementé de l’électricité vient de remonter de 2,5 %.
16 000 € de revenu à deux : le calcul qui ouvre droit à 63 €
Prenez un couple sans enfant avec un revenu fiscal de référence 2024 de 16 000 €. Son foyer compte 1,5 UC (1 + 0,5). Le calcul : 16 000 divisé par 1,5, soit 10 667 € par UC. C’est sous le plafond de 11 000 €, dans la tranche la plus haute du barème : le chèque atteint 63 €. S’il n’est pas arrivé au printemps, ce couple a jusqu’au 31 décembre pour le réclamer.
Contre-exemple, tiré de la fiche officielle : une famille de quatre personnes avec 48 000 € de RFR compte 2,1 UC, soit 22 857 € par UC. Deux fois le plafond : aucun droit.
| Composition du foyer | RFR/UC < 5 700 € | 5 700 à 6 800 € | 6 800 à 7 850 € | 7 850 à 11 000 € |
|---|---|---|---|---|
| 1 UC | 194 € | 146 € | 98 € | 48 € |
| Entre 1 et 2 UC | 240 € | 176 € | 113 € | 63 € |
| 2 UC et plus | 277 € | 202 € | 126 € | 76 € |
Le détail des conditions, du simulateur et des modes de paiement est dans notre guide du chèque énergie 2026, montants et conditions.
La date de validité dépend de l’émission, pas de l’année du chèque
La règle est simple mais mal connue. Un chèque émis avant le 1er septembre est valable jusqu’au 31 mars de l’année suivante : les chèques des vagues d’avril et de mai expirent donc le 31 mars 2027. Un chèque émis à partir du 1er septembre, ce qui sera le cas si votre demande aboutit à l’automne, reste valable jusqu’au 31 mars de la deuxième année, soit le 31 mars 2028. La date exacte figure au recto du chèque papier, ou sur votre compte bénéficiaire pour la version dématérialisée.
Le chèque s’accompagne d’attestations qui ouvrent des protections valables du 1er avril 2026 au 30 avril 2027 : maintien de la puissance électrique pendant la trêve hivernale même en cas d’impayé, alimentation minimale de 1 kVA pendant 60 jours hors trêve, frais d’intervention réduits, exonération des frais de rejet de prélèvement, et gratuité de la mise en service de l’électricité ou du gaz en cas de déménagement.
Factures, fioul, bois : là où le chèque passe, et là où il ne passe plus
Le chèque règle les factures d’électricité, de gaz naturel ou de GPL, s’utilise en main propre chez un vendeur de fioul, de bois ou de granulés (la somme restante n’est alors pas rendue), et couvre les charges d’énergie en logement-foyer, en Ehpad ou dans un logement social conventionné APL. Le paiement en ligne, lui, ne fonctionne que pour l’électricité et le gaz, chez un fournisseur adhérent au dispositif.
Une porte s’est refermée : depuis le 15 février 2025, le chèque énergie ne finance plus de travaux de rénovation énergétique. L’aide reste en revanche cumulable avec MaPrimeRénov’ et les certificats d’économies d’énergie.
Dernier réflexe avant l’hiver : si rien n’est arrivé au printemps alors que vos revenus 2024 sont modestes, passez cinq minutes sur le simulateur de chequeenergie.gouv.fr, puis déposez votre demande sans attendre. En cas de doute sur votre situation, le 08 05 20 48 05 (appel gratuit, du lundi au vendredi de 8 h à 20 h) répond aux cas particuliers. Après le 31 décembre 2026, le millésime sera perdu.
Un chèque énergie 2025 non utilisé est-il encore valable ?
Oui. La campagne 2025 ayant été émise tardivement, en novembre, donc après le 1er septembre, ces chèques restent utilisables jusqu’au 31 mars 2027, confirme le médiateur national de l’énergie. En revanche, les demandes pour le millésime 2025 sont closes depuis le 28 février 2026.
Peut-on payer des granulés ou du fioul avec le chèque 2026 ?
Oui, en remettant le chèque papier en main propre à un vendeur adhérent au dispositif, avec une limite : si la facture est inférieure au montant du chèque, la différence n’est pas remboursée. Un annuaire des professionnels adhérents est disponible sur le site officiel.
Faut-il refaire la démarche chaque année ?
La liste des bénéficiaires est reconstruite chaque année par croisement de fichiers. Si votre contrat d’électricité est désormais à votre nom avec le bon numéro de PDL, l’appariement a toutes les chances de fonctionner au prochain millésime. Vérifiez tout de même au printemps : l’absence de chèque en avril doit redevenir un signal d’alerte, pas une fatalité.