Impôts & aides
Ce qui change pour votre budget au 1er août 2026
· Julien Juchereau
Comme chaque début de mois, plusieurs mesures entrent en vigueur au 1er août 2026 et touchent directement votre porte-monnaie. Électricité en hausse, taux du Livret A relevé, gaz en légère baisse, sans oublier l’interdiction du démarchage téléphonique quelques jours plus tard. Voici, en une seule lecture, ce qui change vraiment, avec le bon chiffre et la bonne date.
L’essentiel
- Électricité : le tarif réglementé de vente augmente de 2,5 % TTC en moyenne au 1er août 2026, soit environ 26 euros de plus par an pour une consommation moyenne.
- Livret A et LDDS passent de 1,5 % à 1,7 % au 1er août ; le LEP est maintenu à 2,5 %.
- Gaz : le prix repère de la CRE recule d’environ 1,9 % pour le kWh de chauffage au 1er août.
- Démarchage téléphonique : interdiction sans consentement préalable à partir du 11 août 2026 (et non le 1er).
Le 1er août est une date charnière pour le budget des ménages : c’est l’un des deux rendez-vous annuels où sont révisés les tarifs de l’énergie et les taux de l’épargne réglementée. En clair, plusieurs lignes de vos dépenses et de vos revenus changent le même jour, sans que vous ayez la moindre démarche à faire. Certaines évolutions vous coûtent un peu plus cher, d’autres vous rapportent davantage. Le but de cet article n’est pas de détailler chaque mesure, mais de vous donner la vue d’ensemble pour savoir où regarder. Chaque point ci-dessous est traité plus en profondeur dans un article dédié du site.
Électricité : le tarif réglementé augmente de 2,5 %
C’est la mesure la plus visible de la rentrée. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a proposé le 16 juillet 2026 une hausse moyenne de 2,5 % TTC du tarif réglementé de vente de l’électricité (le fameux « Tarif Bleu » d’EDF), et le gouvernement a annoncé qu’il suivrait cette recommandation. La mesure prend effet au 1er août 2026 et concerne environ 19,37 millions de foyers abonnés à ce tarif au 31 mars 2026.
Concrètement, pour une consommation moyenne de 4,5 mégawattheures par an, la facture annuelle passe d’environ 1 046 à 1 072 euros, soit près de 26 euros de plus sur l’année. Cette hausse s’explique surtout par la revalorisation du tarif d’utilisation des réseaux (le TURPE, acheminement de l’électricité) et par un nouveau mécanisme de capacité, en partie compensés par une légère baisse de l’accise sur l’électricité. Ce sont bien les tarifs réglementés qui bougent : si vous êtes en offre de marché, votre contrat suit ses propres règles.
Heures creuses : l’option s’ouvre dès 3 kVA
Changement plus discret mais utile : à partir du 1er août 2026, l’option heures pleines / heures creuses des tarifs réglementés devient accessible dès une puissance souscrite de 3 kVA, contre 6 kVA jusqu’à présent. Autrement dit, les logements équipés d’un petit compteur, souvent des studios ou des petites surfaces, peuvent désormais y prétendre.
Cette option a un intérêt seulement si une partie notable de votre consommation peut être décalée vers les plages horaires les moins chères, typiquement la nuit : chauffe-eau, lave-linge, recharge d’appareils. Si vous consommez surtout en journée, l’option heures creuses peut au contraire vous coûter plus cher que le tarif de base. À examiner au cas par cas avant de basculer.
Gaz : le prix repère baisse légèrement
Bonne nouvelle du côté du gaz, après une hausse en juillet. Au 1er août 2026, le prix repère de vente de gaz publié par la CRE recule : le prix du kilowattheure passe d’environ 0,12766 à 0,12527 euro pour un usage chauffage, soit une baisse d’environ 1,9 %. Pour les usages cuisson et eau chaude, le kWh recule aussi légèrement.
Attention à ne pas surinterpréter : ce prix repère n’est pas un tarif auquel on souscrit, puisqu’il n’existe plus de tarif réglementé du gaz. La CRE le publie chaque mois à titre indicatif, comme point de comparaison pour juger si votre offre est compétitive. La part abonnement, elle, augmente très légèrement (autour de 360,79 euros par an en usage chauffage). Vérifiez que le prix du kWh de votre contrat reste cohérent avec ce repère.
Livret A à 1,7 %, LEP maintenu à 2,5 %
Côté épargne, le taux du Livret A est relevé au 1er août 2026 : il passe de 1,5 % à 1,7 %. Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), toujours calé sur le Livret A, adopte le même taux de 1,7 %, tout comme le taux minimum du Livret Jeune. Le Compte épargne logement (CEL) est porté à 1,25 %. Ces taux sont fixés par le ministre de l’Économie sur proposition du gouverneur de la Banque de France.
Le point à retenir concerne le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux revenus modestes : son taux est maintenu à 2,5 %. L’application stricte de la formule de calcul aurait conduit à le baisser autour de 2,2 %, mais la décision a été prise de le conserver pour préserver l’épargne des ménages les plus modestes. Le LEP reste donc nettement plus rémunérateur que le Livret A : si vous y êtes éligible et ne l’avez pas encore ouvert, cela vaut la peine de vérifier vos conditions de ressources.
Démarchage téléphonique : l’interdiction, mais le 11 août
C’est le changement dont tout le monde parle, mais il faut être précis sur la date : ce n’est pas le 1er août, c’est le 11 août 2026. À compter de ce jour, le démarchage téléphonique commercial devient interdit par défaut. On bascule d’un régime d’opposition (où il fallait s’inscrire sur une liste pour ne plus être appelé) à un régime de consentement préalable : une entreprise ne pourra vous appeler à des fins commerciales que si vous avez donné votre accord, ou si l’appel se rattache à un contrat que vous avez déjà avec elle.
Cette règle découle d’une loi votée le 30 juin 2025. Conséquence directe : le service Bloctel, la liste anti-démarchage, cesse d’exister à cette date, car il n’a plus d’utilité dans un système où l’absence d’accord vaut refus. Vous n’avez donc plus aucune démarche à accomplir pour ne plus être sollicité. Les manquements exposent les professionnels à de lourdes amendes administratives. Ce point fait l’objet d’un traitement détaillé, avec les exceptions, dans un autre article du site.
Allocation de rentrée scolaire : versée le 18 août
Autre rendez-vous de rentrée, à ne pas confondre avec le 1er août : l’allocation de rentrée scolaire (ARS), versée sous conditions de ressources aux familles ayant des enfants scolarisés de 6 à 18 ans. En métropole, le versement est prévu le 18 août 2026 (dès le 4 août à La Réunion et à Mayotte).
Pour 2026, les montants s’élèvent à 426,87 euros pour un enfant de 6 à 10 ans, 450,41 euros de 11 à 14 ans et 466,02 euros de 15 à 18 ans. L’âge pris en compte est celui atteint au 31 décembre 2026, et non celui au jour du versement. Le paiement est automatique si votre dossier CAF ou MSA est à jour ; pour les jeunes de 16 à 18 ans, une déclaration de scolarité peut être demandée.
Vos réflexes pour protéger votre budget de rentrée
Face à ces changements, quelques gestes simples permettent de garder la main. D’abord sur l’énergie : la hausse de l’électricité est un bon moment pour comparer les offres à l’aide du comparateur public officiel et vérifier si une offre de marché ou l’option heures creuses vous conviendrait mieux. Utilisez le prix repère du gaz comme étalon pour juger votre contrat.
Ensuite sur l’épargne : vérifiez votre éligibilité au LEP, dont le taux de 2,5 % reste imbattable parmi les livrets garantis. Enfin, restez prudent au téléphone : même après le 11 août, des appels frauduleux continueront de circuler. Un démarchage qui ne respecte pas la règle est un signal d’alerte ; en cas de doute, ne communiquez aucune donnée personnelle ou bancaire et raccrochez.
Vos questions, nos réponses
De combien va augmenter ma facture d’électricité au 1er août 2026 ?
Le tarif réglementé de vente augmente de 2,5 % TTC en moyenne. Pour une consommation moyenne d’environ 4,5 mégawattheures par an, cela représente à peu près 26 euros de plus sur l’année, soit une facture qui passe d’environ 1 046 à 1 072 euros. Le montant réel dépend de votre consommation et de votre contrat.
Le taux du Livret A passe à combien et faut-il agir ?
Le Livret A et le LDDS passent à 1,7 % au 1er août 2026, contre 1,5 % auparavant. La revalorisation est automatique, vous n’avez rien à faire. Si vous êtes éligible au LEP, sachez qu’il reste à 2,5 %, donc plus avantageux : cela peut valoir la peine de vérifier vos conditions de ressources.
Le démarchage téléphonique est-il interdit dès le 1er août ?
Non. L’interdiction du démarchage sans votre consentement préalable entre en vigueur le 11 août 2026, pas le 1er. À partir de cette date, une entreprise ne peut vous appeler à des fins commerciales que si vous avez donné votre accord, et le service Bloctel disparaît. Vous n’avez aucune démarche à faire.