Arnaques & alertes
Tempo, Zen Flex, Voltalis : jusqu’à 400 € grâce à l’effacement en 2026
· Julien Juchereau
Le tarif réglementé de l’électricité vient de reprendre 2,5 % ce 1er août 2026, soit environ 26 € de plus par an pour une consommation moyenne de 4 500 kWh, selon la CRE. Pendant ce temps, une famille d’offres reste largement ignorée : celles qui récompensent les foyers capables de s’écarter du réseau quelques heures par an. Tempo, EJP, Zen Flex, effacement diffus Voltalis : quatre mécanismes, un seul prérequis, le compteur Linky.
Tout tient en une phrase. Vous acceptez une poignée de journées chères, ou de brèves coupures de chauffage, et l’électricité coûte nettement moins le reste de l’année.
L’essentiel
- Au 1er août 2026, le kWh Tempo atteint 0,7295 € en heures pleines les 22 jours rouges, mais tombe à 0,1356 € en heures creuses les 300 jours bleus.
- Un foyer flexible économise 150 à 400 € par an avec Tempo face à l’option Base ; près de 866 000 foyers ont déjà basculé.
- EJP, fermée à la souscription depuis 1998, a vu son jour de pointe retomber à 0,3440 €/kWh, quatre fois moins qu’en février 2024.
- Zen Flex (EDF) impose au plus 20 jours Sobriété par an, annoncés la veille avant 16 h, avec l’heure pleine à 0,7148 €/kWh ces jours-là.
- Le boîtier d’effacement Voltalis est gratuit, installation comprise, et revendique jusqu’à 15 % d’économies sur le chauffage électrique.
Linky a fait de votre compteur un interrupteur intelligent
Sans Linky, rien ne fonctionne. Le compteur communicant enregistre la consommation plage par plage et reçoit les ordres tarifaires à distance : c’est lui qui déclenche le ballon d’eau chaude en heures creuses ou applique le prix « jour rouge » au bon moment. La « pointe mobile », elle, désigne des journées à tarif majoré que le fournisseur choisit au dernier moment, la veille, en fonction de la tension attendue sur le réseau. D’où son nom : ces journées ne figurent sur aucun calendrier.
Cette logique gagne d’ailleurs tout le système. Les plages d’heures creuses migrent progressivement vers l’après-midi (11 h-17 h) pour absorber le surplus solaire, un chantier piloté par la CRE et Enedis jusqu’en 2027 ; nous avons détaillé quels appareils programmer avec les nouvelles heures creuses.
Tempo : 343 jours de prix cassés contre 22 jours à surveiller
C’est l’offre à pointe mobile la plus répandue, avec près de 866 000 foyers abonnés. L’année Tempo se découpe en 300 jours bleus, 43 jours blancs et 22 jours rouges, ces derniers placés entre le 1er novembre et le 31 mars. La couleur du lendemain est annoncée la veille, sur l’application EDF ou par alerte.
| Jour Tempo (grille TTC au 01/08/2026) | Heures creuses | Heures pleines |
|---|---|---|
| Bleu (300 jours) | 0,1356 €/kWh | 0,1654 €/kWh |
| Blanc (43 jours) | 0,1536 €/kWh | 0,1921 €/kWh |
| Rouge (22 jours) | 0,1615 €/kWh | 0,7295 €/kWh |
L’écart est brutal. Un kWh d’heures pleines rouges vaut plus de quatre fois celui d’un jour bleu, et l’abonnement 6 kVA s’établit à 189,63 € par an. En contrepartie, 343 jours sur 365 s’affichent sous le tarif Base. Nous avons décortiqué cette nouvelle grille dans notre article sur le jour rouge Tempo qui frôle 0,73 € le kWh.
Cas concret : une maison de 90 m², 11 000 kWh par an. Le foyer programme ballon et lave-linge en heures creuses, chauffe au poêle d’appoint les soirs rouges et coupe les radiateurs des pièces vides. Gain estimé : environ 328 € par an face à l’option Base, dans une fourchette générale de 150 à 400 € pour les profils flexibles ; sur un profil de 10 000 kWh, la facture annuelle ressort vers 1 959 €, soit 9,4 % de moins que l’option Base. À l’inverse, un logement mal isolé, chauffé 100 % à l’électricité sans aucun pilotage, peut y laisser des plumes.
EJP : l’option fermée depuis 1998 a presque cessé de punir
Quelque 300 000 foyers conservent l’ancêtre de Tempo, fermé aux nouvelles souscriptions depuis 1998. Le mécanisme n’a pas bougé : 343 jours à prix réduit et 22 jours de pointe mobile entre le 1er novembre et le 31 mars, de 7 h à 1 h du matin. La surprise vient des prix. Sur la grille en vigueur depuis le 1er février 2026, toujours appliquée fin juillet, le kWh de pointe est retombé à 0,3440 €, contre 1,5197 € en février 2024 : divisé par plus de quatre en deux ans. Le jour normal se paie 0,1781 €.
Si vous en faites encore partie, comparez poste par poste avant d’en sortir. La pointe ne fait plus si mal, et une bascule vers Tempo est définitive : le retour vers EJP est impossible.
Zen Flex parie sur 20 jours Sobriété, prévenus la veille à 16 heures
EDF décline la même logique en offre de marché avec Zen Flex, réservée aux compteurs Linky. L’année compte 345 jours Éco, facturés au niveau des heures pleines du tarif réglementé (20,65 centimes sur la grille consultée fin juillet 2026, avant répercussion de la hausse d’août) avec des heures creuses environ 30 % moins chères. Restent au maximum 20 jours Sobriété, placés entre le 1er janvier et le 15 avril puis entre le 15 octobre et le 31 décembre, jamais un week-end ni un jour férié, cinq jours consécutifs au plus. Ces jours-là, l’heure pleine triple, à 0,7148 €/kWh.
Vous êtes prévenu au plus tard la veille à 16 h, par e-mail ou SMS et sur l’espace client. Des jours Bonus, déclenchés lors des tensions sur le réseau, remboursent en prime quelques euros aux foyers qui réduisent leur consommation au signal.
Effacement diffus : la coupure de dix minutes que personne ne sent
Autre voie, sans rien changer à votre contrat de fourniture : l’effacement diffus. Voltalis installe gratuitement un boîtier sur le tableau électrique, qui interrompt chauffage ou ballon une dizaine de minutes lors des pics nationaux de consommation. Le confort ne bouge quasiment pas, l’inertie des radiateurs faisant tampon. L’opérateur se rémunère auprès du système électrique, pas chez vous, et revendique plus de 250 000 foyers équipés en Europe pour jusqu’à 15 % d’économies sur la facture de chauffage. Réservé au chauffage électrique. Locataires acceptés.
Un réflexe avant de signer : lisez la durée d’engagement et les conditions de retrait du boîtier, qui reste la propriété de l’opérateur.
Les pièges qui mangent les gains, et la marche à suivre
Premier piège, la flexibilité imaginaire. Se croire capable de couper le chauffage 22 soirs d’hiver et craquer au troisième jour rouge coûte cher : à 0,7295 € le kWh, une soirée de convecteurs efface une semaine d’économies. Deuxième piège, l’alerte ratée : activez SMS et notifications, un jour Sobriété non vu se paie plein pot. Troisième piège, le démarchage. Aucun de ces dispositifs ne se vend sur le pas de la porte ; un « technicien Linky » qui sonne pour vous faire signer est un imposteur, comme le montrent les arnaques aux faux agents Enedis. Dernier point : si vous ne pouvez rien décaler du tout, des offres de marché à prix fixe restent 10 à 15 % sous le tarif réglementé, sans aucune contrainte.
Côté démarches, tout est gratuit et réversible, sauf l’abandon d’EJP : le changement d’option ou de fournisseur se règle par téléphone ou depuis l’espace client, sans coupure ni rendez-vous, Linky étant piloté à distance. Le calendrier joue pour vous. Les jours rouges et Sobriété ne démarrent qu’à l’automne : basculer avant le 1er novembre 2026 offre une saison entière de prix réduits avant la première contrainte. Profitez de septembre pour programmer ballon, lave-linge et recharge du véhicule, puis testez un jour rouge à blanc : coupez ce qui peut l’être un soir de semaine et regardez le lendemain votre courbe de charge sur l’application. Si la maison a tenu le choc, les 150 à 400 € sont à portée d’hiver.