Impôts & aides
Mesures d’économies de l’été 2026 : le récap de ce qui touche votre budget
· Julien Juchereau
Chaque été, pendant que la France est à la plage, des textes qui pèsent sur le portefeuille paraissent discrètement au Journal officiel, et des annonces budgétaires préparent le terrain de l’automne. L’été 2026 n’a pas fait exception : hausse du gaz, APL rabotées pour certains étudiants, doublement annoncé du plafond des franchises médicales, piste d’une « année blanche » pour 2027. Voici le tri entre ce qui est réellement publié, ce qui est seulement annoncé et ce qui n’est encore qu’une hypothèse.
L’essentiel
- Au 1er juillet 2026, le prix repère du gaz a augmenté de 7,4 % TTC, soit environ 2,70 € de plus en moyenne sur la facture de juillet, selon la CRE.
- Un décret du 27 juin 2026 supprime les aides au logement des étudiants étrangers extra-communautaires non boursiers ; en revanche, le gel général des APL a été abandonné et une revalorisation de 1,15 % est prévue au 1er octobre.
- Le 23 juillet, le gouvernement a annoncé le doublement du plafond annuel des franchises médicales, de 100 à 200 € par personne, par un décret en préparation.
- Pour 2027, beaucoup de pistes circulent (« année blanche », transferts vers les mutuelles), mais rien n’est voté : le projet de budget ne sera présenté qu’à l’automne.
À la fin de l’été 2026, seules quelques mesures touchant le budget des ménages ont été réellement publiées au Journal officiel — hausse du gaz, APL de certains étudiants, taxe sur les petits colis —, tandis que les grandes économies visant 2027 restent au stade d’annonces ou de simples pistes. La distinction est essentielle : une annonce peut être modifiée ou abandonnée, alors qu’un décret publié s’applique. Passons en revue les deux catégories.
Ce qui a réellement été publié cet été
La hausse la plus concrète est celle du gaz. Le prix repère de vente, publié chaque mois par la Commission de régulation de l’énergie sur cre.fr, a augmenté de 7,4 % TTC au 1er juillet 2026, soit environ 2,70 € TTC de plus en moyenne sur la facture de juillet. En cause, selon la CRE : la hausse des marchés de gros et la révision des tarifs d’acheminement. Seuls les contrats indexés sur le prix repère sont touchés ; un contrat à prix fixe ne bouge pas pendant la durée d’engagement.
Côté logement, un décret du 27 juin 2026, consultable sur legifrance.gouv.fr, retire le bénéfice des aides personnelles au logement aux étudiants étrangers extra-communautaires non boursiers, pour les prestations dues à compter du 1er juillet, sauf s’ils travaillent ou sont en apprentissage. Une économie ciblée, passée presque inaperçue.
Deux autres changements de juillet méritent d’être notés. Pour les particuliers employeurs, l’âge ouvrant droit à l’exonération automatique de cotisations patronales pour l’emploi d’une aide à domicile est relevé de 70 à 80 ans, hors publics prioritaires. Et sur les achats en ligne, une taxe européenne de 3 € par catégorie d’articles s’applique désormais aux petits colis de moins de 150 € expédiés depuis l’extérieur de l’Union européenne, la taxe française de 2 € étant suspendue.
Franchises médicales : le doublement annoncé du plafond
C’est l’annonce la plus lourde de l’été pour les patients. Le 23 juillet 2026, la ministre de la Santé a confirmé la préparation d’un décret doublant les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires : chacun passerait de 50 à 100 €, soit un total maximal de 200 € par personne et par an, contre 100 € aujourd’hui. Les montants par acte resteraient inchangés : 1 € par boîte de médicaments ou acte paramédical, 4 € par transport sanitaire, 2 € par consultation, examen de radiologie ou analyse.
Concrètement, seuls les patients qui atteignent les plafonds actuels — notamment les malades chroniques — paieraient davantage, jusqu’à 100 € de plus par an. Les mineurs et les femmes enceintes en restent exonérés, selon franceinfo. L’économie attendue serait d’environ 750 millions d’euros selon Les Échos, chiffre non confirmé officiellement. Point important : tant que le décret n’est pas publié au Journal officiel, la mesure ne s’applique pas.
Vers un transfert de charges sur les mutuelles en 2027
Dans le même mouvement, le gouvernement a évoqué, selon l’AFP, un transfert de charges de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé au 1er janvier 2027, portant sur les soins dentaires, les dispositifs médicaux, les transports sanitaires et certains médicaments, pour un montant estimé entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros. Bien couvert, vous ne le verriez pas directement sur vos remboursements, mais il pourrait se répercuter sur les cotisations des mutuelles. Là encore, rien n’est voté : ce volet relèvera du budget de la Sécurité sociale pour 2027, examiné à l’automne.
« Année blanche » 2027 : une piste, pas une décision
Le 15 juillet 2026, un rapport commandé fin mai par les ministres de l’Économie et des Comptes publics à quatre économistes a été rendu public. Il chiffre à 126 milliards d’euros l’effort nécessaire d’ici 2032 pour stabiliser la dette et évoque, parmi les scénarios, une « année blanche » en 2027 : la suspension, pendant un an, de l’indexation sur l’inflation de certaines prestations sociales. Les auteurs précisent que les minima sociaux, comme le RSA ou le minimum vieillesse, en seraient exclus.
Soyons clairs sur le statut de ce texte : c’est un rapport d’experts, pas un projet de loi. Par ailleurs, le comité d’alerte réuni le 7 juillet a annoncé 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires d’ici septembre — 2 milliards sur l’État, 1 milliard sur l’Assurance maladie —, qui s’ajoutent aux 4 milliards de crédits stoppés par décrets en juin. Ces coups de rabot touchent d’abord les administrations, pas directement les prestations versées aux ménages.
APL : le gel abandonné, la revalorisation confirmée
Bonne nouvelle au milieu des annonces d’économies : le gel général des aides au logement, un temps envisagé, a été abandonné. Les APL seront revalorisées de 1,15 % au 1er octobre 2026, en application de l’indice de référence des loyers du deuxième trimestre, publié mi-juillet. Les prestations étant versées à terme échu, ce coup de pouce se verra concrètement sur le versement de début novembre. Seule exception, donc : les étudiants étrangers extra-communautaires non boursiers, visés par le décret de juin évoqué plus haut.
L’été n’a pas apporté que des mauvaises nouvelles
Deux évolutions favorables méritent d’être signalées. Le taux du Livret A est remonté de 1,5 % à 1,7 % au 1er août 2026, comme celui du LDDS, tandis que le Livret d’épargne populaire reste à 2,5 %, le placement sans risque le mieux rémunéré pour les ménages éligibles. Et depuis le 1er juillet, le nouveau congé de naissance permet à chaque parent d’un enfant né ou adopté depuis le 1er janvier 2026 de prendre un à deux mois supplémentaires, indemnisés à environ 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le second, selon ICI (Radio France).
Annoncé, voté, publié : comment suivre ce qui compte vraiment
Bilan de l’été : beaucoup de pistes, peu de textes. Une mesure ne s’applique que lorsqu’elle est votée puis publiée au Journal officiel, consultable gratuitement sur legifrance.gouv.fr. Les annonces de juillet sur les franchises ou les mutuelles devront passer ce filtre, et le projet de loi de finances pour 2027, habituellement présenté en octobre, pourra encore évoluer au fil des débats parlementaires.
Deux outils gratuits aident à suivre l’essentiel sans jargon : les pages « ce qui change » publiées chaque mois sur service-public.gouv.fr, qui recensent les mesures réellement entrées en vigueur, et les communiqués de la CRE sur cre.fr pour l’énergie. D’ici l’automne, rien de ce qui concerne 2027 n’est acquis : ni les hausses redoutées, ni, d’ailleurs, les gels annoncés puis retirés.
Vos questions, nos réponses
Le plafond de 200 € des franchises médicales s’applique-t-il déjà ?
Non. Le doublement du plafond annuel, annoncé le 23 juillet 2026, nécessite un décret encore en préparation au moment de l’annonce. Tant qu’il n’est pas publié au Journal officiel, le plafond en vigueur reste de 100 € par personne et par an. Vérifiez sur legifrance.gouv.fr ou service-public.gouv.fr.
Mes APL vont-elles baisser cette année ?
Non, sauf cas particulier. Le gel envisagé a été abandonné et les aides au logement seront revalorisées de 1,15 % au 1er octobre 2026. Seuls les étudiants étrangers extra-communautaires non boursiers perdent l’aide, en application d’un décret du 27 juin 2026, sauf s’ils travaillent ou sont en apprentissage.
L’« année blanche » de 2027 est-elle décidée ?
Non. C’est un scénario évoqué dans un rapport d’économistes publié le 15 juillet 2026, qui exclut d’ailleurs les minima sociaux. La décision reviendra au Parlement lors de l’examen des budgets 2027, à l’automne. Rien n’est voté à ce jour.
Pourquoi ma facture de gaz a-t-elle augmenté cet été ?
Le prix repère publié par la CRE a progressé de 7,4 % TTC au 1er juillet 2026, sous l’effet des marchés de gros et des tarifs d’acheminement. Si votre contrat est indexé sur ce prix repère, la hausse s’est répercutée sur votre facture ; à prix fixe, vous n’êtes pas concerné jusqu’à l’échéance.