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Malus au poids et malus CO2 2026 : barème et réductions légales
· Julien Juchereau
Depuis le 1er janvier 2026, deux taxes se cumulent à l’achat d’une voiture neuve : le malus sur les émissions de CO2 et la taxe sur la masse en ordre de marche, plus connue sous le nom de malus au poids. Les deux seuils ont été abaissés, si bien que des modèles jusqu’ici épargnés basculent dans le barème. Voici ce que vous allez réellement payer, à quel moment, et quelles réductions les textes prévoient vraiment.
L’essentiel
- Le malus CO2 se déclenche dès 108 g/km en 2026 (50 € à ce seuil) et atteint son plafond de 80 000 € à partir de 192 g/km.
- Le malus au poids s’applique dès 1 500 kg (contre 1 600 kg auparavant), avec un tarif marginal de 10 à 30 € par kilogramme selon la tranche.
- Le total des deux taxes est plafonné au montant maximal du malus CO2, soit 80 000 € en 2026.
- Les taxes sont dues à la première immatriculation en France : une occasion déjà immatriculée en France n’est pas retaxée lors de sa revente.
Le malus écologique désigne aujourd’hui deux taxes distinctes, perçues au moment de l’immatriculation d’un véhicule de tourisme : la taxe sur les émissions de dioxyde de carbone et la taxe sur la masse en ordre de marche. Toutes deux figurent dans le code des impositions sur les biens et services et leurs barèmes sont fixés par la loi de finances. La trajectoire appliquée en 2026 durcit les deux volets en même temps, ce qui change nettement l’arbitrage entre motorisations, finitions et achat neuf ou d’occasion.
Deux taxes différentes, un plafond commun
La première taxe frappe les émissions de CO2 mesurées lors de l’homologation. La seconde frappe la masse du véhicule à vide, celle qui figure sur le certificat d’immatriculation. Elles obéissent à des logiques séparées : un véhicule peut être touché par l’une, par l’autre, ou par les deux. Une grosse berline hybride peut ainsi passer sous le seuil CO2 tout en dépassant largement le seuil de poids.
Les deux montants s’additionnent sur la même facture d’immatriculation. Le service officiel Service-Public précise toutefois que le cumul des deux taxes est plafonné au montant maximal du malus CO2, soit 80 000 € en 2026. Ce plafond ne concerne, dans les faits, qu’une poignée de véhicules très émetteurs : pour la grande majorité des acheteurs, le total reste bien en dessous.
Le barème CO2 2026 : départ à 108 g/km
Le seuil de déclenchement est passé à 108 grammes de CO2 par kilomètre au 1er janvier 2026, contre 113 g/km l’année précédente. À ce premier gramme taxé, le montant est symbolique : 50 €. La progression est ensuite exponentielle, gramme par gramme. D’après le barème publié par Service-Public, on paie 100 € à 110 g/km, 983 € à 130 g/km, 4 279 € à 150 g/km et 22 380 € à 170 g/km.
Le haut du barème grimpe très vite : 76 800 € à 190 g/km, puis le plafond de 80 000 € à partir de 192 g/km. Le ministère chargé de la Transition écologique confirme ce montant maximal de 80 000 € pour des émissions égales ou supérieures à 192 g/km. Attention : le barème le plus courant est celui des véhicules homologués selon la norme WLTP, mais des grilles distinctes existent pour les véhicules relevant de l’ancienne norme ou dont la taxe est calculée sur la puissance administrative.
Le malus au poids 2026 : 1 500 kg au lieu de 1 600
La taxe sur la masse en ordre de marche s’applique désormais à partir de 1 500 kg, soit 100 kg de moins qu’en 2024 et 2025. Le barème inscrit au code des impositions sur les biens et services pour 2026 et les années suivantes est progressif, par tranches : 10 € par kilogramme de 1 500 à 1 699 kg, 15 € de 1 700 à 1 799 kg, 20 € de 1 800 à 1 899 kg, 25 € de 1 900 à 1 999 kg, puis 30 € par kilogramme à partir de 2 000 kg.
Point capital, souvent mal compris : le tarif s’applique à la fraction de masse comprise dans chaque tranche, pas à la masse totale. Un véhicule de 1 800 kg paie donc 200 kg à 10 €, puis 100 kg à 15 €, soit de l’ordre de 3 500 €. Un véhicule de 2 100 kg cumule les cinq tranches et approche les 11 000 €. La masse à considérer est celle inscrite en case G du certificat d’immatriculation.
Qui paie, et à quel moment
Le fait générateur est identique pour les deux taxes : elles sont exigibles lors de la première immatriculation en France en tant que véhicule de tourisme. Concrètement, elles apparaissent sur la facture du concessionnaire ou lors de la demande de carte grise. Elles ne sont pas annuelles et ne se paient qu’une fois.
Conséquence directe : un véhicule d’occasion déjà immatriculé en France ne déclenche pas de nouveau malus lorsqu’il change de propriétaire. En revanche, un véhicule importé, même récent et même déjà immatriculé à l’étranger, est traité comme une première immatriculation française et entre donc dans le champ des deux taxes. C’est la principale source de mauvaise surprise pour les acheteurs qui traversent la frontière.
Occasion importée : une réfaction selon l’ancienneté
Le législateur a prévu un mécanisme d’atténuation. Pour un véhicule d’occasion importé, le montant du malus est réduit en fonction du temps écoulé depuis sa première immatriculation à l’étranger. Selon le barème de réfaction publié par Service-Public, la décote va de 3 % pour un véhicule de 1 à 3 mois à 100 % à partir de 181 mois, en passant par environ 12 % à un an, 20 % à deux ans et 28 % à trois ans.
Autre garde-fou : le montant de la taxe est nul pour les véhicules dont la première immatriculation est antérieure au 1er janvier 2015. Ces règles jouent pour le malus CO2 comme pour la taxe sur la masse. Un import de plus de quinze ans n’est donc plus taxé, mais un import de deux ans reste très largement soumis au barème 2026.
Exonérations et abattements réellement prévus
Les véhicules 100 % électriques et ceux fonctionnant à l’hydrogène sont exonérés des deux taxes. L’exonération vaut aussi pour les véhicules accessibles en fauteuil roulant et pour les personnes titulaires d’une carte mobilité inclusion portant la mention « invalidité », ainsi que pour un parent d’un enfant titulaire de cette carte. Les hybrides rechargeables, eux, ne sont plus exonérés du malus CO2 : ils bénéficient seulement d’un abattement de masse.
Sur la taxe au poids, les abattements sont exprimés en kilogrammes retirés avant calcul : 100 kg pour les hybrides non rechargeables, 200 kg pour les hybrides rechargeables, dans la limite de 15 % de la masse du véhicule. Sur le malus CO2, les véhicules fonctionnant au superéthanol E85 bénéficient d’un abattement de 40 % sur le taux d’émissions retenu, sauf lorsque ce taux dépasse 250 g/km. Les familles d’au moins trois enfants à charge obtiennent 20 g/km et 200 kg de réduction par enfant, sous réserve d’un véhicule d’au moins cinq places. Attention : selon Service-Public, cette réduction familiale n’est pas appliquée au guichet — vous payez d’abord, puis vous demandez le remboursement, pour un seul véhicule tous les deux ans sauf sinistre.
Réduire la facture sans sortir des clous
La première marge de manœuvre se joue au moment de choisir la version. Deux finitions d’un même modèle peuvent différer de plusieurs dizaines de grammes de CO2 et de plus de cent kilogrammes : jantes de grand diamètre, toit ouvrant, sièges électriques, transmission intégrale font basculer un véhicule dans la tranche supérieure. Demandez au vendeur les valeurs d’homologation exactes de la version commandée, pas celles de l’entrée de gamme affichée dans la publicité.
Les autres leviers légitimes sont connus : viser une motorisation qui reste sous 108 g/km et sous 1 500 kg, se tourner vers l’électrique ou l’hydrogène qui échappent aux deux taxes, ou acheter une occasion récente déjà immatriculée en France, qui ne sera pas retaxée. En revanche, aucune déclaration inexacte sur la motorisation, la masse ou la date de première mise en circulation n’est envisageable : ces données sont contrôlées à l’immatriculation. Enfin, la trajectoire continue : le seuil du malus CO2 doit descendre à 103 g/km au 1er janvier 2027 avec un plafond porté à 90 000 €. Avant tout achat, vérifiez le montant exact sur le simulateur officiel de l’administration.
Vos questions, nos réponses
Je vais acheter une voiture d’occasion en France, vais-je payer le malus ?
Non, si le véhicule a déjà été immatriculé en France. Les deux taxes sont dues à la première immatriculation française en tant que véhicule de tourisme, et une seule fois. La revente entre particuliers ou en concession ne les redéclenche pas. En revanche, un véhicule acheté à l’étranger et immatriculé pour la première fois en France y est soumis, avec une réfaction liée à son ancienneté.
Où trouver le poids qui sert au calcul du malus au poids ?
C’est la masse en ordre de marche, indiquée en case G du certificat d’immatriculation. Ce n’est ni le poids total autorisé en charge ni un poids commercial arrondi. Pour un véhicule neuf, demandez la valeur homologuée de la version exacte que vous commandez : options et finition la font varier. Rappel utile, seule la fraction dépassant 1 500 kg est taxée.
Une famille nombreuse est-elle dispensée du malus à la commande ?
Non. La réduction existe bien — 20 g/km et 200 kg par enfant à charge, à partir de trois enfants et pour un véhicule d’au moins cinq places — mais elle n’est pas appliquée au moment de l’immatriculation. Selon Service-Public, vous réglez la taxe puis vous demandez le remboursement auprès de l’administration fiscale. Le dispositif est limité à un véhicule par foyer tous les deux ans, sauf remplacement après sinistre.