Petit électroménager
Airfryer 2026 : comment choisir sa friteuse sans huile
· Julien Juchereau
L’airfryer s’est imposé dans les cuisines françaises, et les rayons débordent de modèles au vocabulaire marketing envahissant. Plutôt qu’un classement de références qui changent chaque trimestre, voici les critères qui font la différence à l’usage : capacité utile, format du panier, revêtement et PFAS, bruit et consommation.
L’essentiel
- La capacité affichée est celle de la cuve, pas celle que vous pouvez remplir : UFC-Que Choisir conseille 6 litres minimum pour une famille de 4.
- La loi n° 2025-188 du 27 février 2025 interdit les PFAS depuis le 1er janvier 2026 dans les cosmétiques, farts, vêtements et chaussures. Les ustensiles de cuisine n’y figurent pas.
- Dans les essais d’UFC-Que Choisir, les airfryers ont consommé 36 % d’électricité en moins qu’un mini-four pour une quiche, mais un modèle a consommé davantage sur un autre plat.
- « Sans huile » est un raccourci commercial : selon Que Choisir, certains modèles réclament un peu de matière grasse.
Un airfryer, ou friteuse sans huile, est un appareil de cuisson qui fait circuler de l’air très chaud à grande vitesse autour des aliments grâce à un ventilateur, dans une cuve fermée de petit volume : la chaleur tournante d’un four, appliquée à un espace réduit. Précision utile : cet article n’est pas un classement de modèles. Les résultats détaillés des laboratoires de test évoluent vite et restent en partie payants. Nous vous donnons donc les critères de sélection, chiffrés quand une source publique le permet.
La capacité annoncée n’est pas la capacité utile
C’est le premier piège, et le plus coûteux. Le chiffre en litres imprimé sur le carton désigne le volume total de la cuve. Or vous ne la remplissez jamais à ras bord : l’air doit circuler autour des aliments, sinon la cuisson devient molle et inégale. UFC-Que Choisir le résume ainsi : le volume utile « n’est pas négociable : c’est lui qui détermine la quantité réellement cuisinable ».
Les repères publiés par l’association donnent une base : 3 à 4 litres pour une ou deux personnes, 5 à 6 litres pour trois à quatre, 7 à 9 litres pour cinq à six, et 9 à 10 litres ou plus au-delà. Pour une famille de quatre, 6 litres reste le minimum conseillé. La forme compte autant que le volume : une cuve large et peu profonde permet d’étaler les aliments, une cuve étroite et haute oblige à les empiler, au détriment du croustillant. Ces appareils sont enfin encombrants : mesurez l’emplacement avant d’acheter.
Simple panier, double panier ou modèle modulable
Un panier unique suffit si vous préparez un seul aliment à la fois. Le double tiroir permet selon Que Choisir de lancer deux cuissons simultanées à des températures différentes : la viande d’un côté, les légumes de l’autre, prêts en même temps. C’est le vrai argument de ce format.
La contrepartie est double. À volume total égal, deux petits tiroirs offrent moins de surface exploitable qu’une grande cuve unique : impossible d’y glisser un poulet entier. Et le prix grimpe. Certains fabricants proposent une solution intermédiaire : une grande cuve avec paroi séparable amovible. Méfiez-vous en revanche des étages superposés vendus comme un doublement de capacité : la circulation d’air y est contrariée et il faut souvent intervertir les niveaux en cours de cuisson.
La puissance : un chiffre à relativiser
Les watts affichés en gros sur l’emballage disent peu de chose du résultat. Une puissance élevée raccourcit la cuisson, mais elle ne garantit ni la régularité ni le croustillant. Ce qui compte davantage, c’est la façon dont l’air est brassé dans la cuve, l’homogénéité de la chaleur d’un bord à l’autre et la précision du thermostat.
Il y a aussi un effet mécanique : à volume identique, un appareil plus puissant pousse plus d’air, donc il fait plus de bruit. La course aux watts se paie en décibels, et la puissance seule ne départage jamais deux modèles.
Revêtement et PFAS : ce que dit vraiment la réglementation
C’est la question sanitaire qui revient le plus souvent. La loi n° 2025-188 du 27 février 2025 interdit depuis le 1er janvier 2026 la fabrication et la mise sur le marché de produits contenant des PFAS dans quatre catégories : cosmétiques, produits de fart pour skis, textiles d’habillement et chaussures, agents imperméabilisants. Une seconde échéance, au 1er janvier 2030, visera les autres textiles. Le décret n° 2025-1376 du 28 décembre 2025 fixe les seuils résiduels tolérés et laisse écouler douze mois les stocks fabriqués avant 2026.
Les ustensiles de cuisine ne figurent dans aucune de ces listes. UFC-Que Choisir l’écrit sans détour : les poêles et les moules à gâteaux ne sont pas concernés. Les revêtements à base de PTFE, une famille de PFAS, restent autorisés à la vente. Au niveau européen, une restriction dite universelle est en cours d’instruction à l’Agence européenne des produits chimiques : les deux comités compétents ont rendu un avis favorable en mars 2026, l’avis final étant attendu fin 2026 et sa traduction en droit européen courant 2027. Rien n’est donc applicable aujourd’hui aux airfryers. Deux repères relayés par Que Choisir : le PFOA, la substance la plus mise en cause, est interdit dans l’Union européenne depuis le 4 juillet 2020, et l’Anses avait estimé en 2009 le risque pour le consommateur négligeable. La précaution reste la même : n’utilisez plus un revêtement rayé et manipulez les aliments avec du bois ou du silicone, jamais du métal.
Entretien, lave-vaisselle et bruit : les deux critères qu’on oublie
Un airfryer se nettoie après chaque usage, sinon les projections de graisse cuisent sur la résistance et sentent le brûlé. Vérifiez dans la notice, avant l’achat, quelles pièces passent au lave-vaisselle : selon Que Choisir, la plupart des modèles ont des pièces détachables compatibles, mais ce n’est pas systématique. Regardez aussi si la résistance est accessible pour un coup d’éponge.
Le bruit est le second critère négligé. La ventilation forcée tourne en continu pendant tout le cycle. UFC-Que Choisir mesure le bruit à 50 centimètres de l’appareil en fonctionnement et constate de réelles différences entre les modèles. Elle met en garde contre un réflexe courant : une démonstration en magasin, dans un environnement déjà bruyant, ne vous renseignera pas. Si votre cuisine est ouverte sur le séjour, arbitrez ce critère avant le prix.
Consommation électrique : des économies réelles mais variables
C’est l’argument commercial numéro un, et il est en partie fondé. Les essais publiés par UFC-Que Choisir donnent des ordres de grandeur : pour une quiche lorraine à quantité égale, tous les airfryers testés se sont montrés plus sobres qu’un mini-four, avec 36 % d’électricité en moins en moyenne et jusqu’à 67 % pour le meilleur. Sur des petits pains, l’économie a atteint 73 %. Pour un poulet grillé, la consommation a été divisée par trois face à un four classique ; une génoise a coûté 28 % en moins.
Ces chiffres appellent deux nuances. D’abord, ils ne sont pas universels : sur les petits pains, un appareil a consommé plus que le mini-four, et sur des pilons de poulet certains modèles se sont révélés plus énergivores. Ensuite, l’économie tient au volume à chauffer : une cuve de 4 litres bat un four de 60 litres, mais beaucoup moins dès qu’il faut enchaîner trois fournées. Les promesses de « 70 % d’économie » affichées par certains fabricants sont des allégations commerciales, mesurées dans des conditions qu’ils choisissent. Si vous cuisinez de petites quantités, le gain est réel ; pour une tablée, l’écart se referme.
Pièges marketing, garantie et pièces détachées
Trois arguments méritent d’être relativisés. Le premier est l’expression « sans huile » : elle décrit un mode de cuisson, pas une recette. Que Choisir note que certains modèles nécessitent un peu de matière grasse pour un résultat satisfaisant, en particulier sur les pommes de terre fraîches et les viandes panées. On passe d’un bain de friture à une cuillère d’huile : c’est un progrès considérable, mais ce n’est pas zéro. Le deuxième est la mention « XXL », ni définie ni encadrée, qui peut coiffer un appareil de moins de 5 litres. Le troisième est le lot d’accessoires, qui gonfle le prix et finit souvent au fond d’un placard.
Côté durée de vie, la garantie légale de conformité de deux ans s’applique à ces appareils comme à tout produit neuf, indépendamment d’une garantie commerciale payante. Sur les pièces détachées, l’article L. 111-4 du code de la consommation impose au vendeur de vous délivrer l’information sur leur disponibilité de façon visible avant l’achat, puis de la confirmer par écrit lors de la vente ; à défaut, il s’expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale. Lorsque le fabricant s’est engagé, il doit fournir la pièce au vendeur ou au réparateur agréé sous deux mois. L’Institut national de la consommation pose une limite : le fabricant n’est pas tenu d’annoncer l’absence d’engagement. Posez la question avant de payer.
Vos questions, nos réponses
Quelle capacité d’airfryer choisir pour 4 personnes ?
UFC-Que Choisir situe la fourchette utile entre 5 et 6 litres pour trois à quatre personnes, et considère 6 litres comme le minimum conseillé pour une famille de quatre. Ce chiffre désigne le volume de la cuve, pas la quantité cuisinable en une fournée. Si vous préparez souvent des repas complets, un modèle à deux tiroirs évite d’enchaîner les cycles.
Faut-il vraiment mettre de l’huile dans un airfryer ?
Souvent un peu, oui. Selon Que Choisir, certains modèles réclament l’ajout de matière grasse pour un bon résultat, notamment avec des pommes de terre fraîches ou des aliments panés. L’huile joue là un rôle de texture, pas de cuisson : une cuillère suffit, contre plusieurs litres dans une friteuse traditionnelle.
Les revêtements antiadhésifs des airfryers sont-ils interdits à cause des PFAS ?
Non. La loi du 27 février 2025 interdit les PFAS depuis le 1er janvier 2026 dans les cosmétiques, les farts, les vêtements, les chaussures et les imperméabilisants, mais les ustensiles de cuisine n’y figurent pas. Une restriction européenne plus large est à l’étude à l’Agence européenne des produits chimiques, avis final attendu fin 2026. En attendant, la précaution utile consiste à remplacer toute cuve rayée.